9e année · Unité 1 · 1.6 · Démonstration du professeur
Labo 1 · Les métaux alcalins dans l'eau
But : observer le lithium, le sodium et le potassium réagir avec l'eau, et utiliser le modÚle de l'atome pour expliquer pourquoi les réactions deviennent plus violentes quand on descend dans le groupe 1.
Dans ton livret : PDF p. 32â33
Ce qui se passe
Ton professeur coupe chaque métal, puis en laisse tomber un petit morceau dans une cuve d'eau, derriÚre un écran de protection. On ajoute ensuite de l'indicateur universel.
Mots clés
| Mot | Sens |
|---|---|
| métaux alcalins | les métaux du groupe 1 : le lithium, le sodium, le potassium et le reste du groupe 1 |
| alcaline | une solution formée quand les hydroxydes du groupe 1 se dissolvent ; l'indicateur universel passe du vert au violet |
| hydroxyde | le composé formé, avec l'hydrogÚne, quand un métal du groupe 1 réagit avec l'eau, par exemple l'hydroxyde de lithium, LiOH |
| ternir | devenir terne Ă l'air ; le mĂ©tal qui vient d'ĂȘtre coupĂ© est brillant |
| exothermique | qui dégage de la chaleur |
| électron externe | le seul électron de la couche externe de chaque atome du groupe 1 ; il est perdu quand le métal réagit |
L'équation
lithium(s) + eau(l) â hydroxyde de lithium(aq) + hydrogĂšne(g)
2Li(s) + 2HâO(l) â 2LiOH(aq) + Hâ(g)
Compte les atomes de chaque cÎté : lithium 2 et 2, oxygÚne 2 et 2, hydrogÚne 4 et 4. Rien n'est créé ni détruit ; les atomes sont réarrangés.
Pourquoi la réaction devient plus violente quand on descend dans le groupe
Les trois atomes ont un électron sur la couche externe. Quand on descend dans le groupe, chaque atome a une couche occupée de plus : l'électron externe est donc plus loin du noyau. Il est moins fortement attiré par le noyau positif, il est donc perdu plus facilement, et la réaction est plus rapide et plus violente.
Sécurité
C'est une démonstration du professeur. Reste derriÚre la ligne et garde tes lunettes de protection. Les métaux sont conservés sous l'huile et on ne les touche jamais. La solution dans la cuve est alcaline et corrosive.
- Seul le professeur manipule ces métaux, et toujours derriÚre un écran de protection.
Ta fiche
La fiche d'observation de la démonstration : prédictions, ce que tu vois, équations en mots, la tendance, et pourquoi. 5 pages, en anglais.
Connecte-toi avec ton compte de l'école pour ouvrir la fiche.
Vidéos
Des vidéos des vraies réactions, en anglais. Certaines montrent le rubidium, que les écoles n'utilisent pas.
Ă toi
Entraßne-toi sur ce que tu viens de lire : descends le groupe 1, équilibre l'équation de chaque métal, puis réponds à une question.
- Lithium (2 couches), sodium (3), potassium (4) : lâĂ©lectron de valence est de plus en plus loin, donc retenu moins fortement et perdu plus facilement. La rĂ©activitĂ© augmente en descendant dans le groupe 1.
- Fluor (2 couches), chlore (3), brome (4), iode (5) : lâĂ©lectron qui arrive serait de plus en plus loin, lĂ oĂč lâattraction est plus faible, donc gagnĂ© moins facilement. La rĂ©activitĂ© diminue en descendant dans le groupe 17.
- Compte les atomes de chaque cĂŽtĂ©. Pour lâinstant, chaque grand nombre vaut 1. Compte chaque sorte dâatome dans les rĂ©actifs Ă gauche et dans les produits Ă droite.
- Ăquilibre-la avec les grands nombres. Rends Ă©gales les deux barres de chaque Ă©lĂ©ment. Change seulement les grands nombres devant. Les petits nombres sont verrouillĂ©s.
- Li + HâO â LiOH + Hâ: ĂquilibrĂ©e : 2 Li(s) + 2 HâO(l) â 2 LiOH(aq) + Hâ(g)
- Na + HâO â NaOH + Hâ: ĂquilibrĂ©e : 2 Na(s) + 2 HâO(l) â 2 NaOH(aq) + Hâ(g)
- K + HâO â KOH + Hâ: ĂquilibrĂ©e : 2 K(s) + 2 HâO(l) â 2 KOH(aq) + Hâ(g)
- Les mĂȘmes atomes avant et aprĂšs. Les mĂȘmes atomes avant et aprĂšs : la masse est donc la mĂȘme.
Pourquoi le potassium est-il plus réactif que le lithium ?
- Les deux sont du groupe 1 : les deux nâont quâun seul Ă©lectron de valence. Regarde oĂč se trouve cet Ă©lectron.
- Regarde le diagramme : le potassium a plus de couches que le lithium, donc son électron de valence est plus loin, pas plus proche.
- Les deux sont du groupe 1, donc les deux réagissent en perdant leur seul électron de valence.
- Dans le potassium, cet électron est sur une couche plus éloignée du noyau que dans le lithium.
- Il est donc retenu moins fortement et perdu plus facilement.
- Perdre un électron plus facilement = plus réactif.
Trouve le trucage
Cet extrait vient d'une émission de télévision britannique, Brainiac: Science Abuse. Une partie est truquée. Regarde-le, puis réponds aux questions avant d'ouvrir la boßte.
Avant d'ouvrir la boĂźte
- Quelle partie est truquée, à ton avis ? Qu'est-ce qui te le fait penser ?
- Tu as vu le lithium, le sodium et le potassium. Que devraient faire le rubidium et le césium, d'aprÚs toi ?
- Que voudrais-tu vérifier avant de croire cet extrait ? Quel test pourrait-on faire ?
Voir ce qui s'est vraiment passé
Ce qui s'est vraiment passé
- Les explosions de la baignoire avec le rubidium et le césium étaient mises en scÚne.
- En 2006, un membre de l'équipe de l'émission a dit au journal The Guardian qu'il ne s'était presque rien passé quand le césium est tombé dans la baignoire. Une bombe a donc été placée dans la baignoire et déclenchée à la place. Source 1
- Le chimiste Theodore Gray a filmĂ© lui-mĂȘme le rubidium et le cĂ©sium dans l'eau. Ses explosions Ă©taient bien plus petites que celles de l'extrait. Source 2
- En 2008, l'émission MythBusters a fait le test, dans l'épisode « Viewer Special Threequel ». Ils ont utilisé 25 g de chaque métal, plus de dix fois la quantité annoncée par Brainiac. Ils ont obtenu une courte flamme et un peu de dihydrogÚne, et aucune explosion. Leur verdict : faux. Source 3
Le test de MythBusters
Alors, la tendance est-elle fausse ?
Non. Le rubidium et le césium sont plus réactifs que le potassium. Leur électron externe est encore plus loin du noyau, il est donc perdu encore plus facilement.
Mais plus réactif ne veut pas forcément dire une plus grosse explosion. Theodore Gray explique que la flamme et le bruit viennent du dihydrogÚne qui brûle dans l'air. Leur taille dépend de la quantité de dihydrogÚne et de la façon dont il s'est mélangé à l'air.
Réfléchis : comment vérifier une vidéo de science avant de lui faire confiance ?
D'oĂč viennent ces informations
- The Guardian, 15 juillet 2006 : Ben Goldacre, « Sky's limit for big bangs » (en anglais)
- Theodore Gray, « Alkali Metal Bangs » (en anglais)
- Wikipédia en anglais, « MythBusters (2008 season) » : Alkali Metal Mayhem
Liens vérifiés le 5 octobre 2026.